Sahara Rebelle: Un azawadien assassiné, mais un révolutionnaire immortalisé

Sahara Rebelle Azawad

Dans la nuit du 17 décembre 2015, aux environs de 21:00 GMT, le calme de la ville de Tombouctou est une fois de plus ébranlé par des coups de feu qui ont durés quelques minutes. Trois jeunes hommes simplement assis autour du thé près de la radio Tahaninte viennent d’être froidement assassinés par deux hommes armés se déplaçant sur une mobylette qui ont disparus dans la ville aussitôt leur macabre dessein accomplis.

Les sapeurs-pompiers maliens se rendent peu après sur place pour confirmer la mort des trois jeunes hommes sans défenses. Parmi les trois victimes innocentes se trouve Abdoul Malick Ag Mohamed Alher surnommé Sahara Rebelle. Certains attribuent ce crime abject à des islamistes étant donné qu’il s’est déroulé près de la radio chrétienne Tahaninte. Mais la majorité azawadienne pense que cet acte porte la signature des services de renseignements maliens motivés par la volonté d’éliminer tous les azawadiens qui refusent de corrompre leurs idéaux. Il faut dire qu’après chaque revolution azawadienne, le Mali a mené une campagne d’assassinat de tous ceux qui pouvaient rallumer la flamme de la liberté azawadienne.

Les jours suivants nous édifieront sur les auteurs de ce crime. Toujours est-il que Sahara Rebelle n’est plus; un étudiant à la fleur de l’âge qui a réussi à ébranler des montagnes mais qui était surtout appelé à être l’un des piliers de la lutte azawadienne une fois que l’élite hétéroclite et intéressée actuelle aura débarrassé le plancher. Assassiné pour ses convictions, il ne continuera plus la marche pour l’indépendance de l’Azawad, mais il restera dans la mémoire collective comme l’un des jeunes intellectuels qui ont su brisé leurs chaînes et braver tous les obstacles de la liberté d’expression pour dénoncer des crimes et exactions commis par le Mali à l’encontre des communautés de l’Azawad.

Cette liberté d’expression a fait de Sahara Rebelle un leader d’une jeunesse azawadienne sincère mais en manque de modèles et repères. Lorsque ses assassins avaient des fusils d’assaut, lui n’avait que sa plume, ses publications sur les réseaux sociaux, ses messages sur les applications Whatsapp et Viber comme seules "armes".

Les commanditaires de ce crime odieux ont tué un homme, mais pas ses idées. Celles-ci sont immortelles.
Que la terre lui soit légère.

 

Par Acheick Ag Mohamed