Le MNLA continue de payer au prix fort sa lutte anti-terroriste dans l’Azawad

Iyad Ag Ghaly capture video

 

Toumast Press annonçait récemment une attaque terroriste menée par des membres d’Ansar Adine contre un poste frontalier du MNLA à Talhandaq, à la frontière entre l’Azawad et l’Algérie. Outre les pertes matérielles subies par la population civile, le bilan s’avère être plus macabre dans le camp du MNLA.

En effet, tard dans la soirée du Jeudi au Vendredi 25 Décembre 2015, des corps sans vies de combattants du MNLA furent retrouvés non loin du village. Cette attaque est revendiquée par le groupe Ançar dine dans une déclaration parvenue au journal mauritanien Alakhbar et publiée le 26 décembre 2015. Selon cet article Ançar dine revendique avoir fait onze victimes appartenant au MNLA. A cet instant précis, Toumast Press ne peut confirmer ce bilan dans la mesure où nos sources sur le terrain ont fait état de six combattants du MNLA dont la plus part sont sauvagement égorgés.

Le crime de ces six combattants est tout simplement d’appartenir au MNLA, seul mouvement politico-militaire dans l’Azawad qui combat véritablement les terroristes qu’ils soient d’Ançar dine, d’Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI), du Mouvement pour l’Unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ou encore d’Al Mourabitoune de Mokhtar Bel Mokhtar.

Alors que les forces françaises Barkhane ont quotidiennement recoures aux medias internationaux à chaque opération sur le terrain, allant d’une simple destruction d’armes déterrées sous des ergs à d’hypothétiques combats contre la horde terroriste, avec les mêmes conclusions hâtives faisant état d’un « ennemi affaibli », la branche politique du MNLA elle qui ne laissait jamais passer l’occasion de s’exprimer hier et gangrenée par une forte corruption aujourd’hui, ne communique plus sur ses actions anti-terroristes qui sont pourtant les plus importantes dans l’Azawad.

Si les carences médiatiques du MNLA ajoutées aux pressions de la France, de l’Algérie et du Mali font que la communauté internationale peine à reconnaitre la lutte anti-terroriste menée par le MNLA depuis Avril 2012, force aujourd'hui est de reconnaître que les unités militaires du MNLA restent cohérentes et constantes dans leur combat contre le terrorisme et payent également le plus lourd tribut de la barbarie terroriste dans l’Azawad.

Après les combats du Jeudi 24 Décembre 2015 à Talhandaq, une embuscade meurtrière est tendue le Vendredi 25 Décembre 2015 par les organisations terroristes contre un convoi du MNLA venu de la ville de Kidal en renfort aux positions attaquées dans cette localité. Les pertes du côté des terroristes sont indéterminées, le MNLA quant à lui perd du matériel militaire et surtout des hommes.

En effet, parmi les quatre victimes, se trouve Balla Ag Acherif, un jeune leader à la fleur de l’âge et qui dirigeait de manière exemplaire l’Union de la Jeunesse de l’Azawad (UJA). Balla Ag Acherif incarne cette jeune génération distinguée qui sert de moteur à la révolution de l’Azawad. Comme plusieurs autres jeunes de cette génération, Balla Ag Acherif a renoncé à son avenir pour se vouer corps et âmes à la mobilisation de la jeunesse azawadienne, principalement celle de la région de Kidal, autours des idéaux de la révolution. Par la force des choses, ces jeunes se sont préparés de sorte à pouvoir répondre à tous les besoins de la cause. Ce qui se traduit à la fois par leur présence active tant sur le terrain militaire que politique, aussi par leur dynamisme à s’ériger en organisation de jeunes (Union des Jeunes de l’Azawad).

Cette jeunesse azawadienne, en toute modestie et à travers des structures indépendantes de toutes influences politiques, s’est employée depuis 2012 à assurer aux populations de l’Azawad protection et services sociaux de bases. Déterminée à mener jusqu’au bout ce combat, cette jeunesse reste un obstacle aux leaders politiques qui ont décidé d’engager l’Azawad dans une dynamique de « paix » sans garantir le respect des amendements émis par la base comme préalables à toutes signatures de l’Accord d’Alger.

 

Par Youssouf Ag Mohamed Ali