Burkina Faso: Le Pays des Hommes Intègres frappé par trois actes terroristes

 monument burkina faso

Dans la journée d’hier Vendredi 15 Janvier 2016, le calme du Burkina Faso a à jamais été perturbé par les organisations terroristes sévissant entre le nord et l’ouest de l’Afrique. En effet, alors que le pays avait quasiment été épargné jusque-là par le terrorisme, dans trois localités différentes, trois actes terroristes ont été perpétrés en l’espace de quelques heures seulement.

La vague terroriste a commencée aux alentours de 14:00 GMT lorsqu’une «vingtaine d’individus non identifiées, lourdement armés, ont perpétrés une attaque contre des gendarmes en mission commandée, dans le village de Tin Abao» selon le ministère burkinabé de la défense dans un communiqué. Ce communiqué fait état de la mort d’un gendarme et d’un civil et aussi de la blessure de deux gendarmes avant que les assaillants ne furent repoussés. Si cet état n’a pas encore été revendiqué, il est conforme au mode opératoire des organisations terroristes sévissant dans l’Azawad.

Quelques heures plus tard, ce fut le tour de Ouagadougou, la capitale de trembler sous les feux du terrorisme. Selon plusieurs témoins, une quinzaine de terroristes ce sont d’abord attaqués au café Cappucino avant de prendre en otage les clients du Splendid Hôtel dans des attaques inspirés de celles de Paris (France) et de Bamako (Mali) qui ont indignés le monde en Novembre 2015.

Les terroristes ont d’abord ouvert le feu sur les clients du Cappucino. Des témoins affirment qu’ils tiraient sur tout ce qui bougeait. Afin de faire le plus de victimes possibles, les terroristes auraient piétinés les pieds de nombreuses personnes à terres afin de leur tirées dessus si elles bougeaient. Une fois leur forfait commis, ils ont mis le feu au deuxième étage de l’établissement pour suffoquer les personnes qui s’y seraient cachées.

Les mêmes terroristes ou un autre s’est ensuite rendu au Splendid Hôtel où ils ont pris en otages tous ceux qui s’y trouvaient. L’assaut qui fût donné par les forces de sécurités burkinabé appuyés par des soldats français et américains a permis de libérer 126 personnes dont le Dr. Adal Rhoubeid, candidat Touareg aux élections présidentielles nigériennes. Saint et sauf, ce dernier fût aperçu tard dans la nuit entrain de venir en aide aux blessés de l’établissement.

Selon le dernier bilan fourni par Simon Compaoré, ministre burkinabè de la Sécurité, les attaques terroristes à Ouagadougou ont fait 29 morts et près de 200 de blessés d’une vingtaine de nationalités. Trois terroristes ont été tués au cours de l’assaut. « Il s'agit d'un Arabe et deux Africains noirs » toujours selon Compaoré. Le groupe terroriste Al Mourabitoune de Mokhtar Bel Mokhtar, devenu récemment une partie d’Al Qaeda au Maghreb Islamiq (AQMI) a revendiqué cette attaque. Selon le journal mauritanien Alakhbar, le chef des preneurs d’otages s’est exprimé en Hassaniya, langue mauritanienne, dans une vidéo diffusée par AQMI.

Au moment où l’assaut était donné à Ouagadougou, au nord du pays à Djibo, près des frontières avec l’Azawad et le Niger, un couple de missionnaires australiens a été kidnappé dans la nuit du Vendredi au Samedi. Dr. Ken Elliot et sa femme sont des médecins australiens qui ont ouvert un centre de santé à Djibo et y ont vécus depuis une trentaine d’années pour venir en aide à des populations qui n’avaient aucun accès sanitaire. Les bienfaits qu’ils ont apportés à cette communauté qui les adoptés sont innombrables. Selon l’AFP, le groupe terroriste Ansar Adine a revendiqué cet enlèvement. Cette information est à prendre avec précaution étant donné qu’Ansar Adine et l’ensemble des groupes terroristes sévissant dans l’Azawad envoie toujours leur revendication aux journaux mauritaniens et non à l’AFP.

Le Burkina Faso a décrété un deuil national de trois jours suite à ces terribles évènements. L’Azawad tout entier partage la douleur de ce pays frère qui n’a jamais raté une occasion pour venir en aide aux réfugiés azawadiens fuyant les exactions de l’armée malienne et des organisations terroristes.

 

Par Acherif Ag Inkakwa