Abandon de l'indépendance: La prise de position de Bilal Ag Acherif est un non-évènement

Bilal-Ag-AcherifComme attendu, Bilal Ag Acherif a fini par se décider à dire tout haut ce qu'il faisait affirmer à sa place. Dans un communiqué signé par lui, sans dignité, il essai de balayer d'un revers de main la lutte des peuples de l'Azawad pour l'accession à la légitime indépendance. Heureusement, cette prise de position d'Ag Acherif est un non évènement qui ne gardera aucune trace historique.

 

 

 

La sortie médiatique il y a quelques semaines d'Ibrahim Ag Mohamed Assaleh n'est pas fortuite. En tant que stratège, l'ancien député de Bourem n'est pas le type de personne à ignorer les conséquences de ses actes. S'il avait montré son mépris à la déclaration d'indépendance de l'Azawad, déclaration pour laquelle des centaines de combattants se sont sacrifiés entre Janvier et Mars 2012, l'actuel chargé des affaires extérieures du CTEA savait qu'il avait derrière lui un soutien de taille.
Si Mahamadou Djeri Maïga, tel un mendiant, suppliait le Mali à rejoindre le MNLA sur la table des négociations tout en affirmant que l'indépendance de l'Azawad n'était plus d'actualité, il savait lui également qu'il avait un soutien de taille derrière lui.


 

Si Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, Chargé des Chefferies Traditionnelles et de l'Autorité Coutumière du CTEA, défendait le mariage forcé de l'Azawad avec le Mali, lui également savait qu'il avait un soutien de choix derrière lui.
Toutes ces personnalités qui ramaient à contre-courant du vœu des populations de l'Azawad ont un seul et unique soutien derrière eux. Ce soutien n'est autre que Bilal Ag Acherif, Président du CTEA.

Dans son communiqué numéro 52 que Toumast Press n'a pas jugé nécessaire de partager, Bilal Ag Acherif déclare au nom du MNLA: "ne pas remettre en cause les frontières internationalement reconnues du Mali" et en s'aventurant dans le révisionnisme dont il à l'habitude, il continue en affirmant: "qu'à la veille de l'indépendance de la République Soudanaise, devenue République du Mali, c'est volontairement que les populations de l'Azawad ont adhéré à l'indépendance du Mali".
Après-avoir tristement été pendant des mois l'Homme de l'union hypocrite et suicidaire, Bilal Ag Acherif était devenu l'Homme de l'Algérie, cette même Algérie qui a tout fait pour détruire le MNLA. L'Algérie ayant été mise de côté par la France, il y va de soi que Bilal Ag Acherif devienne également l'Homme de Paris. S'ayant mis une épée de Damoclès imaginaire au-dessus de la tête Ag Acherif ne peut que répondre favorablement à toutes les demandes de la France.
La France, ancienne puissance coloniale, a rejeté toute idée de l'indépendance de l'Azawad en 1960. Avec la globalisation et l'émergence de nouvelles puissances, ce rejet de la France est encore plus grand aujourd'hui.
Pendant que Bilal Ag Acherif fait tout pour plaire à cette France, un représentant de ce pays se retrouve auteur de l'abus de confiance d'Abdoulkarim Ag Matafa du CTEA, qui a conduit à son arrestation. Au même moment, le Mali, fabriqué de toutes pièces et sauvé par la France il y a moins d'un mois, fais tout son possible pour se rebeller contre elle.
Comme tous les autres, Bilal Ag Acherif demande des négociations avec le Mali au moment où ce même Mali lance un mandat d'arrêt international contre lui. La honte ne tue définitivement plus.
Tel un vieux CD rayé, Bilal Ag Acherif n'a fait que reprendre des arguments qui ont été récités depuis plus d'une vingtaine d'années par tous ceux qui ont retournés leur veste après avoir juré de porter le combat pour l'indépendance de l'Azawad jusqu'à la fin. Ce déjà-vu n'a rien de nouveau en soit.
Le révisionnisme de Bilal Ag Acherif n'est également pas nouveau pour ceux qui se souviennent de sa sortie pro-islamique à Jeune Afrique. Dire que les populations de l'Azawad ont accepté avec joie leur mariage forcé avec le Mali en 1960 est ce qu'il y a de plus inexact et contradictoire.
En conclusion, cette sortie est un non-évènement et n'aura aucun impact sur la longue et noble marche des populations de l'Azawad vers la reconnaissance internationale de l'indépendance de l'Azawad.


Par Aljimite Ag Mouchallatte