Mali: plaque tournante du trafic de drogue

avion-cocaineL'Azawad vit une insécurité qui impacte négativement tous les aspects de la société. Malgré la présence massive de son armée, le Mali ne bouge pas le petit doigt. Le Mali a fini par devenir aujourd'hui la plaque tournante de la drogue Afrique et le point de passage par excellence entre l'Amérique Latine et l'Europe. La situation est si sérieuse que tout porte à croire qu'une importante partie de l'administration malienne est impliquée dans ce trafic.

Le 2 Novembre 2009, un Boeing-727 s'écrasait à Tarkint dans la région de Gao. Alexandre Schmidt, représentant du Bureau des Nations Unies sur la Drogue et le Crime (ONUDC), encore sous l'effet de la surprise ne pouvait qu'annoncer que «cela pourrait être considéré comme un nouveau mode opératoire, c'est inquiétant». Antonio Maria Costa, directeur du Bureau régional de l'ONUDC reconnaissait malgré lui qu'aujourd'hui le trafic est «de taille supérieure, plus rapide et plus perfectionné» et qu'il passe par le Mali qui est devenu entre-temps un passage incontournable dans le trafic international de la drogue. S'en suivent alors une série de questions qui jusqu'aujourd'hui n'ont pas trouvé de réponses pour la majorité.

Air Cocaïne, nom qui sera donné à ce Boieng-727, transportait selon l'ONUDC de la cocaïne et d'autres produits illicites. Une drogue dont la quantité auraitboeing 727 pu atteindre les 10 tonnes, capacité d'un Boieng-727. L'alerte fut donnée à partir de Dakar, le Mali ayant voulu étouffer l'affaire. Comment cela es-ce possible? Comment un avion, de surcroit un Boieng-727, peut-il traverser tout le Mali (plusieurs fois) pour atterrir à Tarkint, à 150 Km de Gao sans que les nombreux radars maliens ne le détectent ? Comment la totalité de la cargaison de l'avion fut transporté par voiture, et la carcasse de l'avion brulée sans que ni l'armée malienne, ni sa sécurité d'état ne le sache? Encore sous les pressions occidentales, le Mali fini par ouvrir une enquête pour «complicité d'atteinte à la sûreté de l'Etat par entrée illégale d'aero nef dans l'espace aérien du Mali sans aucune autorisation de la Direction de l'Aviation civile». Deux ans plus tard, la quasi-totalité des questions que l'on se pose restent sans réponse.

Ces questions resteront à jamais sans réponse, au moins jusqu'à ce qu'un véritable changement de régime se produise au Mali. Selon un câble de l'Ambassade Américaine à Bamako révélé par Wikileaks «l'administration de l'aviation civile malienne, prévenue du fait que le certificat de navigabilité de l'appareil avait expiré, s'était vu interdire d'intervenir et d'enquêter sur le crash. En outre, les autorités de Bamako ont refusé de communiquer à ce sujet avec l'agence américaine antistupéfiants, révèle encore cette dépêche diplomatique.» Ce câble diplomatique adressé au Département de d'Etat Américain à Washington, DC conclura que de nombreux indices «accrédite l'hypothèse d'une protection en haut lieu du vol d'Air Cocaïne.» Selon les indiscrétions, certaines chancelleries occidentales ont menées des enquêtes qui incriminent une soixantaine de personnes au Mali dont des dizaines de haut gradés de l'armée et des habitués du Palais de la Présidence de Koulouba. Mais le Mali fait tout pour étouffer cette affaire qui pourtant n'est que l'arbre qui cache la forêt.

L'Agence Nationale de l'Aviation Civile du Mali, organe le mieux indiqué n'a pas été autorisé à enquêté sur ce Boieng-727. La directrice Générale de cette agence sera limogée quelques jours après avoir confirmé cette information. L'Agence de l'Aviation Civile, prévenue bien avant par les Etats Unis et le Nigeria que ce Boieng-727 faisait plusieurs rotations entre le Mali et la Colombie, n'avait déjà pas recu d'autorisation de sa hiérarchie pour enquêter sur cette affaire. La brigade des stupéfiants de la police nationale du Mali sera elle également écartée de l'enquête. Comme révélé par le câble diplomatique américain, les Etats Unis n'auront pas accès à cette affaire. Le représentant de l'ONUDC également dépité par cette situation s'attristera que le gouvernement Malien n'a pas voulu les informations concernant cette affaire avec son organisme.

Tous ces efforts du gouvernement Malien pour étouffer cette affaire parmi bien d'autre nous édifie à quel point cette administration Malienne est impliquée dans ce trafic et que si une enquête sérieuse était menée, toute l'administration s'écroulerait comme un château de carte. Malgré cela, le Mali dans ses efforts continuels de discrédit du peuple Tamasheq, continuent à vouloir lier une partie de sa population à ses trafics dont il semble être lié jusqu'au coup. Il est primordial face à cette situation de crise que des élus de la nation comme l'Honorable Ibrahim Ag Mohamed Assaleh sorte du silence pour tirer la sonnette d'alarme avant que le Mali ne vive un sors similaire à celui de l'Afghanistan, place incontournable de l'opium.

 

Par Alghatek Ag Emasseye