Kidal: 4ème jour de manifestation populaire contre le retour symbolique de l'armée malienne

Manifestation-kidal-camp1-contre-mali-1Après la signature de l'accord préliminaire de Ouagadougou très en faveur du Mali, les populations azawadiennes commencent à s'opposer de plus en plus à ce texte qui pourrait rapidement annuler les efforts et sacrifices consenties depuis 2011. Depuis le retour symbolique de l'armée malienne à Kidal, la population locale manifeste pour rejeter sa présence.

 

 

 

 

Parmi les oppositions de la population civile, il y a en premier lieu les mouvements de femmes et de jeunes. En Mai 2012, c'était déjà les femmes et les jeunes qui se sont opposés à tout rapprochement entre le MNLA et l'aile modérée d'Ansar Adine dans le but de préserver la flamme de la libération de l'Azawad.

Un an plus tard, ce sont les mêmes mouvements de femmes et de jeunes azawadiens qui continuent de préserver la flemme de la libération de l'Azawad en rejetant aujourd'hui toute présence de l'armée malienne dans les villes sous control des forces du MNLA.
 

Après le petit groupe de gendarme maliens qui furent cantonnés la semaine à l'aéroport de Kidal, base de l'armée française, c'est 150 soldats maliens qui ont été escortés ce Vendredi 5 Juillet par l'armée française afin d'être cantonné dans le camp 1 de Kidal.

Aussitôt cantonné sous la protection française, les soldats maliens tels des intrus ont reçu la "visite" de plus d'une centaine de civils azawadiens, en majorité des femmes et des jeunes qui s'opposaient à leur présence même symbolique dans le but de calmer la rue malienne.

 

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Au deuxième jour de la manifestation, c'est plusieurs centaines de civils azawadiens qui se sont attroupés devant le Camp 1 de Kidal et les blindés français qui protègent l'enceinte. Très rapidement, les français ont été débordés par la foule nombreuse qui lançait des slogans comme : "Non à l'armée génocidaire du Mali sur notre territoire", "Oui à Serval, Oui à la MINUSMA, Non à l'armée malienne", "Nous sommes des Azawadiens, pas des Maliens" etc.

 

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C'est au cours de cette manifestation qu'un jeune homme d'une quinzaine d'années s'est accouru vers le représentant de Toumast Press à Kidal en lui lançant "A moi seul j'ai fait fuir environ dix soldats maliens. Ils étaient assis sous un arbre dans le camp et j'ai commencé à leur lancer des pierres. Aussitôt après, ils ont couru comme à leur habitude pour se réfugier dans les maisons."

 

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L'armée française, prenant conscience qu'elle n'avait aucun moyen de contrer la manifestation, a fini par faire appel à la direction politique du MNLA à Kidal afin de l'aider à rabaisser la tension. C'est uniquement les assurances d'une partie du bureau politique du MNLA qui a pu calmer les manifestants.

Depuis leur troisième jour de manifestation toujours devant le camp 1 de Kidal, les manifestants ont affirmés qu'ils feront de cette place un haut lieu d'expression populaire à l'image de la place Tahrir de l'Egypte.

Ce Lundi, à l'occasion du quatrième jour de manifestations, les populations azawadiennes ont continué à sortir plus nombreux encore pour faire comprendre au Mali, à la France et à l'ONU que ni le Mali ni son armée ne sont les bienvenues.


Par Ahmeyede Ag Ilkamassene