Plusieurs blessés dans une manifestation pacifique contre l'arrivée du Premier Ministre malien à Kidal

Civils-portant-drapeau-kidal-16-5-2014

Avec la complicité flagrante du MNLA, les autorités maliennes continuent toujours de s'entêter dans des actions folkloriques au lieu de rechercher une solution définitive aux problèmes opposant l'Azawad et le Mali. Alors que des pourparlers devaient s'ouvrir il y a plus de 8 mois sous l'égide de la communauté internationale, le messie malien, Ibrahim Boubacar Keïta continue de berner tout le monde, convaincu d'obtenir la paix sans faire les sacrifices pour.

Au lieu d'être l'arbitre neutre dans le conflit opposant l'Azawad et le Mali, la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) a fini par devenir le béni-oui-oui du gouvernement malien qui l'utilise pour donner encore plus de légitimité à ses actions folkloriques.

Ainsi, avec la bénédiction de la MINUSMA et l'accord du MNLA (Mouvement National pour la Libération de l'Azawad), le tout nouveau Premier Ministre malien, Moussa Mara, a inclus la ville de Kidal dans sa tournée des 3 régions de l'Azawad. Après la ville de Tombouctou le Vendredi, il comptait se rendre à Kidal ce Samedi dans la matinée afin de terminer sa tournée par la ville de Gao le lendemain.

Hier, l'Association des Femmes de l'Azawad a lancé un appel de manifestation pour que les populations civiles utilisent pacifiquement leur droit à l'expression afin de rejeter une visite aussi folklorique que provocatrice des autorités malienne dans la ville.

Des centaines de femmes et de jeunes se sont alors dirigés vers l'aéroport de Kidal avec des banderoles et des slogans pouvant lire : «Azawad Oui, Mali non», «Nous Sommes et Nous Demeurons des Azawadiens», «Oui à l'Autodétermination de l'Azawad, Non à la Colonisation par le Mali. Pour faire de la place sur la piste d'atterrissage pour un hélicoptère transportant Soumeylou Maïga, le Ministre de la Défense malien et le service protocolaire du Premier Ministre, la MINUSMA a fait usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour disperser les manifestants pacifiques qui l'avaient rapidement débordé.

Mais ceci était sans compter sur la croyance inébranlable des civils azawadiens quant à la légitimité de leur action, la légalité de leur liberté d'expression, et le parti flagrant pris de toutes les forces dites neutre. Le nombre de manifestants s'est alors accru comme pour exprimer à la MINUSMA que la force ne fait plus peur aux civils azawadiens.

Frustré après avoir assisté longuement à cette scène, et contrairement aux instructions de la MINUSMA et de la force Serval, l'armée malienne est sortie de son site de cantonnement et a ouvert le feu, avec des balles réelles sur des manifestants pacifiques qui n'étaient armées que de «slogans» et de banderoles. Comme à son habitude, le MNLA présent sur place à assister à l'intervention malienne sans bouger un sourcil. C'est sur intervention de la force Serval et de la MINUSMA que l'armée malienne est retournée dans le camp 1 de Kidal où elle est cantonnée.

Au terme de la manifestation d'hier qui prit fin à la tombée de la nuit, au moins 12 civils azawadiens ont été transportés au centre de santé pour soigner leurs blessures parmi lesquelles deux étaient graves. Aussi, la force Serval (mission française) a arrêté quatre manifestants azawadiens qui ont ensuite été remis aux autorités maliennes.

Au moment où nous mettons cet article sous presse, le premier Ministre malien a atterri à Kidal, protégé par la MINUSMA et la force Serval dans un climat d'affrontement entre les forces du MNLA et l'armée malienne. Plus d'information dans nos prochaines éditions.


Par Ahmeyede Ag Ilkamassene