Résumé détaillé de la rencontre entre les représentants des réfugiés du Burkina et les marionnettes du Mali

rencontre-bf-refugies-marionnettes-1C'est avec un baume au cœur que Toumast Press a eu connaissance du déroulement de la rencontre du Mercredi dernier entre les représentants des différents camps de réfugiés installés au Burkina Faso et des marionnettes azawadiennes envoyés par les autorités maliennes. Croyant trompés les réfugiés comme en 1992 et 1994, les émissaires du Mali ont plutôt reçu un ensemble de leçons sur tous les aspects de la vie.

 

 

 

 

Après avoir exhibé ostensiblement quelques démagogues et autres Touareg de services comme Assarid Ag Imbarkawane et autres Bajane Ag Hamatou à la télévision publique, le Mali s'est rendu compte de l'échec de cet ancien ingrédient magique en vue de tromper et l'opinion azawadienne et la communauté internationale disposée à résoudre définitivement le conflit entre l'Azawad et le Mali.
L'ingrédient magique ne marchant plus, le Mali décide d'avoir recours dès maintenant à sa baguette magique de la tromperie, en d'autres termes son arme la plus redoutable dans le domaine de la propagande mensongère. Vu que les démagogues et élus-nommés ne réussissaient pas leur mission de tromperie, il fallait faire recours au véritable machiavélisme consistant à faire passer les élus-nommés comme des leaders d'opinions qui pousseront les réfugiés azawadiens à retourner et s'exposer de par la même occasion aux massacres de l'armée malienne.
Deux équipes de marionnettes furent soigneusement constituées par les autorités maliennes. La première faite de démagogues et d'Arabo-Touareg de services est menée par le député Nock Ag Attia et Mohamed Mahmoud El Oumrany qui se fait appelé Président de la communauté Arabe au Mali. La deuxième équipe composée entièrement de maliens était par un certain Sidibé député à l'assemblée nationale malienne.


Ayant appris leur arrivé au Burkina Faso ainsi que la mission qu'ils s'étaient vu confiés en étant accompagné des journalistes maliens, l'ensemble des camps de réfugiés du Burkina Faso ont littéralement envoyés des émissaires à ces démagogues leur disant exactement:

"Où étiez-vous quand le Mali et son armée nous ont fait quittés nos maisons et tout ce que nous avions comme possessions? Où étiez-vous lorsque nous avons tout abandonné pour vivre pendant plus d'un an dans des camps de réfugiés en étant oublié par presque tout le monde? Où étiez-vous quand le Mali recevait des centaines de millions de francs CFA en dons destinés aux réfugiés qu'on ne voyait jamais? Pourquoi vous n'avez pas pris la parole durant tout ce temps? Pourquoi n'êtes-vous jamais venu nous voir auparavant? Pourquoi c'est uniquement aujourd'hui avec votre mission que vous vous souciez de nous? Si jamais vous mettez les pieds dans nos camps, ce sont les bâtons et les pierres qui vont vous accueillir et personne ne pourra vous protéger."


Après ce message clair et sans équivoque, une panique générale a remplacé l'esprit machiavélique des démagogues de Bamako. Certains d'entre eux que nous n'avons pas pu identifier ont même proposé de retourner immédiatement à Bamako tant la peur était grande dans leur rang. Après moult hésitations, ils ont finalement invité les représentants des camps de réfugiés et ceux des femmes et des jeunes à les rencontrer.
Là encore, refus des réfugiés qui ont dit qu'ils ne veulent rien avoir à faire avec des représentants du Mali. Intelligent, le premier groupe des démagogues (Nock Ag Attia, Mohamed Mahmoud El Oumrany etc) ont assurés qu'ils échangeront avec eux comme des frères et sœurs Touareg, Arabe et Sonrhaï pas en tant qu'émissaires du Mali. Les réfugiés accepteront de les rencontrer en tant que frères mais à condition qu'aucune camera de l'ORTM (télévision publique malienne) ne soit présente. Les démagogues de Bamako acceptent la condition.


Avant-hier, Mercredi 13 Mars 2013, de 9h00 du matin à 16h00 GMT la rencontre très intense a eu lieu à 30 kilomètre d'Ouagadougou entre les représentants des camps de réfugiés et les démagogues de Bamako.
Après l'ouverture de la séance, Mohamed Mahmoud El Oumrany a pris la parole pour demander aux réfugiés de retourner dans l'Azawad et que le Mali allait amorcer le développement des régions de Tombouctou, Gao et Kidal. Toujours selon cet Arabe de services, les populations pourront vivre en toute quiétude sans être inquiété par qui que ce soit. Pour rappel, ce discours rayé (car continuellement récité par les démagogues depuis la rébellion de 1990) était tenu celui qui se fait appelé Président de la communauté Arabe du Mali! Imaginer que cet homme qui a l'audace de se proclamer préside de toute une communauté, comme s'il s'agissait d'une entreprise commerciale, n'a même pas le courage d'oser visiter la communauté qu'il préside. Pire encore, les azawadiens se souviennent qu'il y a peu, il déclarait à qui voulait l'entendre qu'il y aura un affrontement ethnique entre les Arabes et les Touareg uniquement pour plaire au Mali. Deux semaines après cet appel à la haine contre les Touareg il se faisait passer pour un saint pour leur demander de retourner dans l'Azawad, toujours pour plaire au Mali.


Après avoir attentivement écouté le chef de file des marionnettes Arabes, Mohamed Issouf Ag Galasse, leader d'un camp de réfugié et chef du campement d'Ebang Imalane (près de Gossi) a pris la parole. En tant qu'élus (Président du conseil de cercle du Gourma Rharous) et intellectuel, son intervention a commencé d'abord par des remerciements aux représentants du Mali présent à la rencontre et apprécier le fait qu'ils se soient présentés en tant que frères et sœurs ressortissants des régions de Tombouctou, Gao et Kidal et non en tant qu'émissaires du Mali. Mohamed Issouf Ag Galasse reviendra ensuite sur l'attaque de son campement d'Ebang Imalane (l'un des tous premiers) d'Ebang Imalane en Mars dernier par l'armée malienne et ses supplétifs de la milice Gandakoy/Gandiso. A l'ensemble des marionnettes du Mali, il dira:

"Des massacres continuent d'être perpétré par l'armée malienne et le Mali continue de les nier. Selon vous, à quoi nous sert un possible développement qui n'est même pas sûr si on n'est même pas sûr de pouvoir vivre pour voir ce développement?"
Soyons sincère avec nous-même et ensuite avec les autres. Vous êtes là pour parler de réconciliation avec le Mali. Mais nous les réfugiés nous n'avons pas de problèmes particulier avec le Mali. Nous ne sommes certes des victimes du Mali, mais des victimes d'un problème entre le Mali et le MNLA. Si vraiment vous voulez résoudre le problème, faire une vraie réconciliation, c'est le MNLA qu'il faut aller voir, discuter avec lui, et mettre les choses nécessaires en place. Nous les réfugiés on n'a pas de problème avec le Mali. La seule chose qu'on veut c'est d'avoir une justice au Mali pour tous les crimes et si possible avoir une réparation."


Après cette réponse de Mohamed Issouf Ag Galasse qui fut très applaudi par les représentants des réfugiés dans la salle, le député malien Nock Ag Attia de la ville de Diré et l'une des marionnettes les plus machiavéliques a essayé de venir en aide à El Omrany et réduire le poids de l'intervention de Mohamed Issouf Ag Galasse. Il dira aux représentants des réfugiés qu'il ne comprend en réalité pourquoi les réfugiés ne retournent pas dans leurs villes vu que la sécurité y est dorénavant assurée. Malgré les massacres quotidiens dans les régions de Tombouctou et Gao sous contrôle de l'armée malienne, il dira:

"par exemple, dans ma ville à Diré (région de Tombouctou, NDLR), la sécurité y est complètement assuré et personne n'est inquiété ni par l'armée malienne ni par quelqu'un d'autre. Donc vous devez vraiment dire aux autres réfugiés de retourner chez eux parce qu'il n'y aucun problème."


Cette déclaration le jour même où le Mali a commis plusieurs massacres a fait sursauter le vieux Samba Ag Atteghal, chef d'un site de réfugié. D'entrée de jeux, il leur affirma qu'il ne veut attaquer aucun d'entre eux, mais que lui n'est pas un diplomate donc sa réponse sera différente de celle de Mohamed Issouf Ag Galasse. Il continua en leur disant:

"A partir de maintenant, arrêtez de vous afficher dans les radios et les télévisions en criant que vous êtes des représentants des communautés de l'Azawad. Nous sommes tous conscients de ce que vous faites. Vous n'êtes pas différents de moutons attachées par le Mali qu'il fait engraisser et qu'il détache souvent pour leur faire dire tout ce qu'il veut. On est renseigner qu'aucun d'entre vous n'a sa femme à Bamako. Toutes vos femmes sont bien en sécurité à l'extérieur. Au lieu de nous inviter à retourner pourquoi vous ne faites pas retourner vos propres femmes? Donc vous n'arrivez même pas à assurer la sécurité de vos femmes seulement et vous voulez nous dire que vous allez assurer la sécurité de centaines de milliers de populations civiles? Arrêtez de vous moquer de nous. Arrêtez de vouloir commercialiser nos malheurs. Arrêtez d'emmagasiner nos malheurs car chaque fois que vous nous envoyez vers la mort nous vous maudissons.
"Que vous soyez d'accord ou pas, ce problème ne se règlera jamais tant que le Mali ne s'assoit pas avec le MNLA autour d'une table de négociation autour de l'ONU et de Blaise Compaoré le médiateur. C'est ça mon message que je veux que vous allez transmettre au Mali. Ne modifiez rien dedans. Il n'y aucun problème, il faut seulement discuter avec le MNLA."


La parole est ensuite donnée à Fadimata Walet Albakaye, représentante du camp de Gabado, le plus grand du pays. Elle a dit aux démagogues de Bamako qu'il leur est impossible de retourner dans l'Azawad vu les massacres que commet l'armée malienne. Elle a fait un sommaire de tous les massacres qui ont été commis depuis le 17 Janvier 2012. Elle continuera en disant:

"Il est impensable pour nous de retourner au Mali lorsque le Mali commet tous ces massacres et en même temps le Mali continue de les nier. Ceci veut dire que le Mali n'est pas prêt de faire une justice et d'assurer la sécurité des populations civiles car il ne reconnait même pas l'existence de ces massacres. Ce qui est le plus grave c'est que le Mali nie des massacres qui sont internationalement connu. Comment voulez-vous qu'on retourne dans un tel état?
"En tant que représentant des femmes de Gadabo je vous dis que nous vivons, nous avons un seul gouvernement c'est le CTEA et on a une seule capitale qui est Kidal où se trouve actuellement le CTEA.
"On veut que vous nous donnez la paix tout simplement. A partir d'aujourd'hui, ne mettez plus les pieds chez nous en essayant de nous tromper. Vous savez où se trouve le problème ce n'est pas avec la population civile. Nous avons un gouvernement et des représentants. Au lieu de venir essayer de créer des virus entre nous, allez vous adressez au CTEA et à son président."
A ce moment précis, Fadimata Walet Albakaye a pointé du doigt le drapeau de l'Azawad qui avait été amené dans la salle par les représentants de la jeunesse des camps de réfugiés. Pour la féliciter de la qualité de son discours, une 'standing ovation' a eu lieu dans le camp des représentants des réfugiés.
Après les applaudissements qui l'ont interrompu, Fadimata Walet Albakaye a continué en notant:
"Laissez-nous on va développer chez nous. Vous avez beaucoup tenté avec vos discours. Depuis 53 ans vous ne faites que dire que le Mali va faire ceci, le Mali va faire cela, le Mali va changer, le Mali va arrêter ses massacres. Jusqu'à quand voulez-vous qu'on continue de vivre de l'espoir de vos discours alors que chaque la fois la réalité du terrain est différente de vos discours? Vous n'êtes pas des gens qui règlent les problèmes. Vous êtes professionnels uniquement dans la création de la haine entre les communautés [en regardant Mohamed Mahmoud El Omrany, NDLR]. Le monde a changé, on ne peut plus accepter les faux espoirs qui nous envoient vers la mort. Si vous voulez vraiment nous aider, envoyez mon message à l'ONU et à tous les pays de la communauté internationale pour qu'ils puissent nous aider à vivre dignement et en paix sur la terre de nos ancêtres."


La parole fut ensuite donnée à un collectif de représentants de la jeunesse des camps de réfugiés de Sangnagho, de Gadabo et de Mentao. Pour des mesures de sécurité, nous ne les identifierons pas. Leur oratoire a consisté à dire:

"Les jeunes des camps de réfugiés du Burkina Faso vous disent qu'il est impossible maintenant de coexister avec le Mali. Il est impossible aujourd'hui que les azawadiens cohabitent avec le Mali. Nous avons tout essayé pour vivre avec le Mali. Nous avons accepté d'étouffer nos blessures des massacres de 63 jusqu'à 1995. Nous avons accepté de taire notre identité, de taire nos particularités, et de fermer nos bouches. Mais tous nos sacrifices ont servis à quoi? Rien du tout. Les mêmes massacres continuent. Les mêmes politiques du Mali continuent. Rien n'a changé. Et vous voulez qu'on va vivre tout cela pendant encore 50 ans?
"Aujourd'hui ont veux que le monde entier à commencer par le Burkina Faso va nous aider à trouver une solution définitive qui va mettre fin à tout ce problème une fois pour toute et le plus vite possible pour qu'on puisse vivre en paix chez nous dans l'Azawad.
Actuellement même l'armée malienne a commis des massacres, et vous voulez nous inciter à retourner dans l'endroit même où il y a ces massacres? Vous voulez nous envoyez à l'abattoir? Croyez-vous qu'on va vous servir de chair à canon juste pour que le Mali vous remplisse les poches?
"Tant que le Mali et l'Azawad ne se sépareront pas, nous n'arrêterons pas la lutte. Il y aura un petit temps mort mais elle va continuer dès qu'on sera prêt. Si vous trouvez des magouilles pour nous faire retourner, la lutte va continuer car c'est dans nos têtes, dans notre sang, dans notre âme. Il est impossible pour nous de vivre maintenant avec le Mali."

 

A ce moment précis, la deuxième délégation des émissaires maliens est rentré dans la salle. Cette équipe menée par le député Abdou Sidibé était entièrement composée entièrement de Bambara, l'ethnie majoritaire au Mali. L'ensemble des représentants des réfugiés sont sortis de la salle en disant aux Arabo-Touareg de services qu'ils les avaient pourtant prévenus qu'ils n'accepteront pas de rencontrer des représentants du Mali.
Quelques minutes plus tard, les démagogues de Bamako arriveront à faire comprendre à leurs collègues Bambaras de sortir de la salle. C'est après ce moment que les réfugiés rentreront dans la salle de rencontre.

 

Après cette interruption des émissaires Bambaras envoyés par le Mali, la rencontre reprendra de plus belle. La parole sera donnée à Fadimata Walet Oumar, dite Disco, leader du groupe musicale Tartite prendra la parole en tant que présidente de l'association des femmes Touareg et représentante des femmes du camp de réfugié de Sagnogho, près de Ouagadougou. Elle dira:

"Je voudrais réagir sur le passage dans lequel vous avez dit que le MNLA n'est pas accompagné par son peuple. Je vais vous dire l'histoire du MNLA que vous ne connaissez pas. Il [MNA, NDLR] a été créé en 2010 par des jeunes étudiants et des jeunes cadres à Bamako. J'en suis témoin moi-même. Ils n'avaient pas d'autres armes que leur stylo et des feuilles de papiers. Ils avaient un discours purement politique. Ils ont fait leur congrès pacifique et immédiatement après le Mali a emprisonné deux de leurs leaders sans leur dire leur crime. Des jeunes ont organisé une manifestation pacifique pour leur libération. La manifestation a été autorisée par les autorités maliennes. Moi-même je suis parti à la manifestation avec 15 autres femmes. La réponse des policiers présents a été de nous tabasser à sang et sans distinction entre les jeunes et les vieilles femmes. On croyait avant que le Mali était un pays démocratique mais ceci nous a fait comprendre que ce n'est pas le cas.
"Ces jeunes cadres ont continué à chercher leur objectif pacifiquement. Ils ont fait beaucoup d'appels au Mali et à la communauté internationale pour discuter avec eux, mais le Mali ne les a jamais écoutés. Nous leur parents ont étaient obligé de réagir et d'accompagner nos enfants. C'est comme cela aussi que les officiers et les combattants ont rejoint également les jeunes. C'est pour vous dire que le peuple est avec le MNLA.
"Chercher à coopérer avec la population et trouver la solution au lieu de chercher à créer d'autres problèmes. Si vous voulez notre avis à transmettre au Mali je pense que la solution c'est une discussion entre toutes les parties qui ont des problèmes. "

 

Cette belle intervention de Fadimata Walet Oumar a marqué la fin de la rencontre entre les représentants des réfugiés du Burkina Faso et les Arabo-Touareg de services du Mali. Après 7 heure de temps d'échanges, ces démagogues sont repartis de la rencontre écœuré de n'avoir pas pu manipuler les populations civiles.


Par Acherif Ag Intakwa