Le Mali et ses milices nous ramènent de 2013 à 1963; empoissonnement de puits dans le Gourma

Triangle-Tombouctou-Gao-KidalComme annoncé dans nos précédentes éditions, plusieurs unités de l'armée malienne et ses supplétifs des milices Gandakoy/Gandiso se lancent dans un nettoyage ethnique dans les régions de Tombouctou et Gao. Après les massacres en masse, les autorités maliennes empoisonnent désormais les puits dans le triangle Tombouctou-Gao-Gossi.

 

 

 

 

De Mai à Décembre 2012, nombreuses ont été les organisations azawadiennes et Amazighs qui n'ont eu de cesse d'alerter la communauté internationale par rapport au génocide qu'allait entreprendre le Mali si celle-ci l'aidait à poser pieds dans l'Azawad. Avant toute intervention militaire pour chasser la coalition terroriste, la communauté internationale avait été prévenu de s'assurer que le groupe anarchique appelé armée malienne avait un minimum de respect pour les droits de l'Homme.
Le 11 Janvier dernier, la France entamait unilatéralement son opération Serval visant à combattre la coalition terroriste et de porter à bous de bras l'armée malienne pour l'installer dans l'Azawad. Contre toute attente, le pays des droits de l'Homme n'a exigé aucun respect des droits de l'Homme par les forces maliennes qu'il installait dans les villes azawadiennes.
Ce "je-m'en-foutisme" des autorités françaises fut perçu comme une carte blanche par la contrepartie malienne qui dès lors a entrepris un massacre silencieux à grands échelles. La blancheur de la carte dont disposent les autorités maliennes s'accentuent lorsque l'on sait que la Cour Pénal Internationale et sa procureure Fatou Bensouda sont toujours dans l'idée de mener des enquêtes contre le MNLA et les terroristes en ignorant les crimes du Mali, et pire encore, en acceptant comme preuve les matériels fournies par celle-ci. Il devient donc facile à comprendre que les multiples sonnettes d'alarmes tirées par les medias, les organisations de droits de l'Homme et dernièrement les instances onusiennes ne bénéficient point d'oreilles attentives au niveau de la communauté internationale.
Cette "quasi-surdité" du collège des décideurs internationaux est traduite là encore par les autorités maliennes comme l'offrande d'une latitude infinie pour nier l'existence même de ses exactions contre les populations civiles Touareg, Arabes et Peulhs.
La carte blanche malienne ayant une couverture illimitée, le nettoyage ethnique prend désormais une autre dimension. Les campements nomades étant éparpillés dans le désert, donc souvent introuvable par une armée malienne sans aucun repère géographique, le moyen le plus facile de continuer les exactions en masse est des empoisonner la seule source de vie dans le désert, les puits et les sources d'eau.
L'empoissonnement des puits est considéré efficace par l'armée malienne depuis son génocide de 1963-1965 car il permet de tuer aussi les nomades et leur famille qui consomment l'eau, mais aussi les animaux qui s'y abreuvent (bovins, ovins, caprins et autres camelins).
Des témoins oculaires que nous n'identifierons pas pour des raisons de sécurité nous ont confirmé avoir vu l'armée malienne empoisonné plusieurs puits dans le triangle Tombouctou-Gao-Gossi après la série de massacres de ces derniers jours.
L'un des témoins oculaires affirme écœurer: "après avoir les ligotés les hommes, [pour ensuite les] torturés, violés des femmes, brulés les concessions, chargé les animaux, pillés les [autres] biens personnel; les soldats maliens et leurs milices empoisonnent des puits qu'ils considèrent utilisés par les nomades Arabes et Touareg".
Face à ce génocide de l'armée malienne qui s'accélère ces dernières semaines, la communauté internationale se limitera-t-elle à quelques discours non-contraignant? Dira-t-elle plus tard qu'elle ne savait pas? Tiendra-t-elle dans quelques mois le même discours que celui qu'elle a tenu à la fin du génocide Rwandais? La Cour Pénal Internationale continuera-t-elle d'assumer sa partialité dans ce conflit?


Par Acherif Ag Intakwa