Crise humanitaire et des droits de l'Homme dans l'Azawad; que fait Moussa Ag Acharatoumane?

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Les plus grands perdants de la lutte pour l'indépendance de l'Azawad sont sans aucun doute les populations civiles Azawadiennes qui se sont déplacés à l'intérieur ou à l'extérieur de l'Azawad mais aussi les nombreux civils et militaires qui ont également été exécuté par l'armée Malienne dans un silence total. Ce silence qui nous blesse tous et dû en partie à ce qui ressemble à la démission de Moussa Ag Acharatoumane, Chargé des droits de l'Homme du MNLA, doit s'arrêter dans l'intérêt aussi bien du MNLA que des populations Azawadiennes.

L'administratrice d'un camp de refugié Azawadien nous a déclaré il y a quelques jours qu'elle venait de couler des larmes pour la première fois depuis début Février lorsqu'elle a quitté le Mali. Et pour cause: elle venait de voir pour la première fois un enfant de son camp mourir d'anémie. Selon elle cet enfant n'est pas mort d'une maladie régulière, mais plutôt de faim, de soif, ce qui l'a conduit à ne plus être capable d'avaler quelque chose vers les dernières heures de sa vie. Deux jours plus tard, elle nous dira qu'une autre femme fut sauvé à la dernière minute d'une mort certaine, là encore pour cause d'anémie.

Pour illustrer ces propos, elle nous montre des photos de marmites qui furent presque tous vide durant les 4 derniers jours. Ceci c'était dans un seul camp de réfugié de quelques dizaines de familles à Ouagadougou dans la capitale du Burkina Faso. Que dire des dizaines de camps de réfugiés qui sont en Algérie, au Burkina Faso, au Niger, et en Mauritanie à quelques kilomètres des frontières de l'Azawad? Rappelons que selon le dernier bulletin (12 Avril 2012) du département régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre du Bureau de Coordination de l'Aide Humanitaire (OCHA) des Nations Unies, il y a plus de 268.000 réfugiés et de déplacés dû à la lutte de libération de l'Azawad.

Que dire des plus de 57.000 réfugiés des camps de Mbéra et Fassala en Mauritanie qui reçoivent très peu d'aide? Que dire des 30 à 50.000 réfugiés des camps d'Inhalid, Timeyawene, et Tinzawatene en Algérie qui pour des raisons politiques ne reçoivent presque pas d'aides car n'étant pas vraiment reconnu par le gouvernement Algérien comme des refugiés? Que dire des dizaines de milliers d'autres des camps d'Inabao, Djibo, Ferrerio au Burkina Faso sans oublier ceux du Yassan, Mangaize, Koutoubou, et Chinegodar au Niger?

La situation humanitaire est très grave pour les déplacés et refugiés Azawadien. Mais ce qui est le plus grave encore c'est le silence du MNLA concernant cet aspect pourtant primordial. Lors de la formation du bureau politique du MNLA nous avions été rassuré d'apprendre que les instances dirigeantes de cette organisation révolutionnaire ont eu la lucidité de prévoir un désastre humanitaire et des droits de l'Homme en nommant un Chargé des Droits de l'Homme. L'objectif premier de la création de ce poste était de ne pas refaire les erreurs du passé (1963, 1975, 1984, 1990-1995, 2006) lorsque des dizaines sinon des centaines de milliers d'Azawadiens mourraient dans l'anonymat total à cause de la malnutrition (sècheresse, maladies contagieuses, déplacés, refugiés) ou à cause des exactions du colonisateur Malien.

Les civils ne sont pas les seules victimes de ce conflit à cause de leur déplacements et recherches de refuges. Il y a également un nombre incalculable demossa ag_acharatoumane_onu civils et militaires qui furent exécutés par l'armée Malienne aussi bien à Tombouctou, Niafunké, Sévaré, qu'à Ségou. Pendant que le Mali mène une série de propagande mensongère contre le MNLA en l'accusant de manière complètement fausse d'exactions contre les civils et militaires, de viols, vols, d'utilisations d'enfants soldats, et bien d'autres encore, Moussa Ag Acharatoumane, Chargé du département des droits de l'Homme du MNLA, aurait pu faire des actions médiatiques en rétablissant la vérité dans le monde entier.

Trois mois après le début de la lutte pour la libération de l'Azawad, force est de reconnaitre que la création de poste par le MNLA fut un échec. Elle fut un échec non pas parce qu'il n'y a pas de réfugiés ou des exactions commises contre les populations civiles et militaires. Mais elle fut un échec à cause du silence du titulaire du poste, en l'occurrence Moussa Ag Acharatoumane. L'homme a manqué mille et une occasions pour porter la voix des sans-voix sur la scène mondiale. L'homme a manqué l'occasion de donner une image humaniste au combat du MNLA. Par sa démission, c'est le MNLA qui se retrouve perdant, et l'ensemble des peuples de l'Azawad avec.

Loin de nous l'idée de vouloir nuire à Moussa Ag Acharatoumane, un homme connu pour son militantisme et son dévouement; notre objectif par cette interpellation est tout simplement d'émettre des pistes de réflexions permettant au titulaire du poste de mieux faire ce que tous attendent d'une position aussi importante. Les nombreux points hebdomadaires de Mossa Ag Attaher chez Masin Ferkal de Tamazgha.fr sont par exemple des voies par lesquels le Chargé des Droits de l'Homme du MNLA peut continuer à sensibiliser l'opinion nationale et internationale sur les conditions des vies des victimes du conflit Azawadien. Une participation aux rencontres internationales à l'image de celles auxquelles participe Mossa Ag Attaher, Chargé de Communication du MNLA, est également un moyen pour faire évoluer les mentalités et porter la vérité des victimes Azawadiennes dans le monde entier.

 

Par Khado Ag Ghousmane