Situations difficiles dans le camp de réfugiés de Mbéra en Mauritanie

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Pendant que presque tout le monde a les yeux rivés sur la future guerre Azawadienne contre le terrorisme, des centaines de milliers Azawadiens souffrent dans un silence total dans leurs abris de fortunes dans l'Azawad ou dans les camps de réfugiés. Grace à l'aide immense de certaines organisations humanitaires, le taux de mortalité des premiers mois a laissé place aux situations difficiles actuelles.

Alors que tous s'émerveillent et se félicitent du nombre très réduit de victimes civiles et militaires liées à la guerre de décolonisation de l'Azawad, peu de personnes ne s'attristent et ne s'écœurent de la présence de plus de 400.000 Azawadiens déplacés à l'intérieur du pays ou dans les camps de réfugiés des pays limitrophes.

Pendant que les réfugiés Syriens deux fois moins importants, ceux de l'Azawad eux reçoivent une douzaine de fois moins d'aides et surtout d'attentions de la part des medias et de la communauté internationale.

Qui dit manque de couverture médiatique dit forcement manque de transparence. Le manque de transparence durant toute crise humanitaire se traduit irrémédiablement par une réalité en deçà des chiffres officiels. La réalité du camp de réfugiés de Mbéra n'est pas une exception.

Pendant que certaines organisations humanitaires font croire que tout est sous contrôle, force est de constater encore des manquements graves.

L'organisation de la vie de ce camp de 90.000 habitants est partagée entre plusieurs organisations toutes coordonnés par le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies. La Fédération Luthérienne Mondiale s'occupe de l'habitation c'est-à-dire, toutes les activités ayant trait à la gestion des tentes entre autres. La Croix Rouge, le Croissant Rouge, et Médecins Sans Frontières ont pour charge la santé et la gestion des évacuations sanitaires vers d'autres hôpitaux Mauritaniens. Solidarité Internationale s'occupe de l'assainissement alors que le secteur de l'éducation est laissé à Intersos.

Le lotissement bien fait du camp est à mettre au mérite des autorités Mauritaniennes et du HCR. L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés se charge également de l'alimentation dans les camps. Au bonheur des refugiés l'eau, source de vie, est amplement disponible dans le camp; ce qui n'est pas le cas des produits de premières nécessités. Seuls du riz, le haricot, un mélange maïs soja (CSB), de l'huile, et trois verts de sucre par mois. Quant à la viande et au lait, ils sont inexistants dans le camp.

Malgré ces difficultés, il faut dire que les actions du HCR se sont considérablement améliorées depuis qu'il y a eu un turnover des employés. Durant les premiers mois dans le camp, l'équipe des travailleurs Nigériens y avait instauré une dictature. Les Azawadiens employés dans le camp recevaient un salaire mensuel de 15.000 CFA ($30) contre un travail de jour comme de nuit. Pour nous donner une idée du système de gestion des employés Nigériens, Cherif Ag Mohamed, un étudiant diplômé dans le camp nous raconte qu'une fois 4 aides-soignants Azawadiens avaient été renvoyé avaient été renvoyés pour la simple raison qu'ils avaient posés leur pieds sur une table. Aucun recours pour renvoi abusif n'étant possible aux prudhommes, ces licenciements d'employés détenteur de Contrats à Durée Déterminée, sont restés sans suite.

A la fois, les conditions salariales, et le traitement des refugiés notamment préservant notamment leur dignité se sont rapidement améliorés avec le remplacement des Nigériens par des Sénégalais et des Congolais.

Toujours selon Cherif Ag Mohamed qui vit dans le camp de Mbéra depuis fin Janvier, les meilleures notes sont accordées aux organisations non gouvernementales Solidarité Internationale (Française), et Fédération Luthérienne Mondiale (Américaine). Après un début difficile (ce qui est normal), l'ONG Américaine s'occupe parfaitement des tentes et veuille à ce qu'elles soient habitables.

L'ONG Française quant à elle offre un bon état d'assainissement au camp ce qui a réduit considérablement les maladies et les mortalités infantiles. Solidarité Internationale offre également les meilleurs conditions d'emplois des Azawadiens avec des salaires mensuels pouvant aller jusqu'à 100.000 FCFA ($200).

La prise en charge médicale est presque catastrophique dans le camp. L'évacuation médicale vers d'autres hôpitaux Mauritaniens est le seul recours lorsque le peu de matériel médical de Médecins Sans Frontières, Croix Rouge et Croissant Rouge ne sont pas suffisant. Ces organisations sont supposées prendre en charge les évacuations mais la réalité est toute autre. Lorsque la maladie ne peut être soignée dans le camp de Mbéra, c'est le patient qui est obligé de se déplacer généralement vers l'hôpital de Néma par ses propres moyens. Une fois dans un hôpital, le patient déjà refugié et sans aucune source de revenue doit payer d'autres frais relatifs à son hospitalisation. Les organisations médicales citées plus haut sont appelées à rapidement faire face à ces dysfonctionnements.

En outre, l'organisation Médecin Sans Frontières est réputée pour son refus d'employée les diplômés Azawadiens et préfèrent plutôt choisir des personnes qu'elle peut exploiter à volonté. Cependant, il faut dire que les dysfonctionnements de ces organisations ne sont pas les pires à Mbéra. L'ONG Italienne chargée de l'éducation, Intersos, sort du commun.

Non seulement les structures d'éducation ne sont pas fonctionnelles, les corps administratif n'a et ne reçoit aucune source de motivation. Les quelques employés de l'organisation reçoivent à peine un salaire mensuel de 30.000 FCFA ($60). Pourtant sur son site internet, Intersos donne l'impression d'agir autrement sur le terrain et une offre peinture bien plus belle à ses donateurs.

Certaines organisations non gouvernementales travaillant dans les zones de faible couverture médiatique sont réputées transmettre des comptes rendus imaginaires d'actions à leurs bailleurs de fonds. En d'autres termes, les donations que reçoivent ces organisations ne sont pas toujours utilisées comme définies par les donateurs.

Bien que les conditions de vie des refugiés Mbéra sont de plus en plus vivables, celles-ci peuvent être bien plus meilleures avec une bonne volonté de toutes les parties.


Par Khado Ag Ghousmane