Kidal: affrontements entre l’armée malienne et le MNLA en marge de la visite du Premier Ministre

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Comme reporté dans notre précédente édition, la ville de Kidal est en ébullition suite aux répartitives d'une visite du Premier Ministre malien jugée provocatrice au moment où son gouvernement se refuse à toute négociation pour la résolution définitive du conflit opposant l'Azawad au Mali.

 

Utilisant sa liberté d'expression, une partie de la population civile de la ville de Kidal a manifesté sur l'aérodrome de la ville sur appel d'Assi Wallet Hitta, présidente de l'Association des Femmes de l'Azawad. Les manifestants s'opposaient notamment à une visite provocatrice du Premier Ministre malien et à l'atterrissage de son service protocolaire.

Très vite débordé, la MINUSMA et ensuite l'armée malienne ont tenté de disperser une manifestation qui, malgré son lourd bilan, n'a prise fin qu'avec la tombée de la nuit.

Pour préparer l'arrivée du Premier Ministre malien prévue dans la ville ce Dimanche, l'armée malienne, violant le cessez-le-feu de l'Accord Préliminaire de Ouagadougou, a attaqué tôt ce matin plusieurs bases militaires du MNLA à Kidal.

Les combattants du MNLA qui ont assistés hier, sans agir, aux blessures des manifestants azawadiens, n'ont eu d'autres choix que de protéger leur vie en répondant aux attaques de l'armée maliennes. Sur demande de la force Serval (mission française) l'armée malienne a fini par rejoindre sa base de cantonnement après plusieurs d'échanges de tirs, rabaissant ainsi la tension.

Pour mettre l'atterrissage de l'hélicoptère du Premier Ministre malien, la MINUSMA a permis au Général Alhaji Ag Gamou de rentrer dans la ville avec ses soldats Touareg comme renfort pour supporter l'armée malienne. Après plusieurs tours dans le ciel, l'hélicoptère malien, entouré par deux hélicoptères de la MINUSMA et de la force Serval a pu atterrir dans la base de la mission française.

Après la tentative des autorités malienne de se rendre dans le gouvernorat de Kidal, des affrontements lourds, entre l'armée malienne et les forces du MNLA, ont éclatés et continuent encore à l'heure où nous mettons cet article sous presse.

La situation reste assez confuse dans la ville et le réseau téléphonique est difficilement accessible, rappelant les affrontements de 2012 entre les deux belligérants. Selon plusieurs sources dans la ville, plusieurs blessés et des morts sont à dénombrés de part et d'autres alors que les habitations civiles restent sous la menace des tirs, souvent aveugle, de l'armée malienne.


Par Aljimite Ag Mouchallatte