Kidal: lourde défaite d’une armée malienne encore protégée par la France

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Depuis l'annonce de la visite provocatrice du Premier Ministre malien à Kidal alors que son pays bloque le processus de retour de la paix depuis 8 mois a été vu par la population civile comme une énième provocation. Cette provocation des autorités maliennes qui continuent de s'attaquer à la population civile ailleurs a eu pour conséquence dès le Vendredi de faire sortir des centaines de manifestants pacifiques qui ont clamés leur rejet du Mali et leur opposition à la visite du Premier Ministre prévue pour le Samedi et de sa délégation ministérielle prévue pour la veille.

 

Après avoir tenté de disperser la manifestation à coup de balles réelles le Vendredi, le Mali s'est attaqué le lendemain aux positions militaires du MNLA dans la ville. A cette attaque, le MNLA a riposté créant de forts échanges de tirs dans lesquels un premier soldat malien a perdu la vie. Les autorités maliennes confirmeront d'ailleurs cette information. C'est durant ce chaos que le Premier Ministre malien, transporté par la MINUSMA et la Serval (mission française) a atterri dans le camp des Nations Unies.

Une fois atterri, la belligérance de l'armée malienne a décrue donnant l'impression au MNLA que le Mali agitait le drapeau blanc. Mais ceci était sans compter sur la rage d'une armée fortement marquée par son traumatisme de 2012.

Le Mali utilisa plutôt ces heures d'accalmies pour préparer une attaque coordonnée sous le commandement du Général Alhaji Ag Gamou qui était rentré pour la première fois dans la ville de Kidal grâce à la MINUSMA qui lui a ouvert le chemin alors que les autres entrées de la ville était bloquées par les forces du MNLA.
C'est dans cette nouvelle attaque de l'armée malienne que celle-ci subira ses plus lourdes pertes humaines et matérielles. Dans l'explosion d'une voiture pickup, deux soldats maliens y ont perdu la vie sur le coup pendant que 7 autres ont été fait prisonniers par le MNLA.

Placés en nombre au gouvernorat de la ville, l'armée malienne y tirait de nombreux obus et sur les positions du MNLA et souvent sur les habitations civiles dont de nombreuses ont été détruites. C'est ainsi que de très violents combats ont eu pour le contrôle de ce bâtiment que le MNLA avait cédé, à contrecœur, il y a quelques mois au Mali sur pressions de Ban ki-Moon, Secrétaire Général de l'ONU alors en visite au Mali.

Après plusieurs heures de combats, le MNLA arrivait à investir le bâtiment en y prenant plus d'une quarantaine de prisonniers dont la moitié est des militaires. La quasi-totalité des prisonniers civils (administrateurs) ont été remis au CICR. Un combattant du MNLA affirme que le MNLA ne relâchera pas les militaires maliens tant que le Mali n'aura pas relâché les prisonniers azawadiens, qui pour la plus part, ont été injustement emprisonné dans leurs campements.

Hier dans la soirée, une dizaine de soldats maliens étaient comptés parmi les morts alors qu'une trentaine étaient blessés. Du côté du MNLA, nous n'avons identifié aucun mort alors que six combattants sont blessés. Il y a plusieurs morts parmi la population civile du fait des tirs d'obus de l'armée malienne.

Plusieurs véhicules militaires maliens ont été détruits alors que d'autres ont été pris par le MNLA dont un véhicule de transport de troupes. Aussi, du matériel militaire de l'armée malienne a également été pris par les forces du MNLA.

Outre le gouvernorat de la ville de Kidal, le MNLA a pris le contrôle du siège du trésor de la ville et de la Radio Azawad, un autre bâtiment cédé à contrecœur il y a quelques mois. Alors que le MNLA encerclait le camp 1 de Kidal, site de cantonnement de l'armée malienne, et s'apprêtait à l'investir pour chasser la chasser de la ville, la force Serval (mission française) s'est interposé et a interdit au MNLA d'avancer au risque de lui déclarer la guerre.

Aussi, la France a demandé au MNLA d'abandonner tous les bâtiments investis et de les remettre au Mali, histoire de calmer l'opinion publique malienne qui risque dans les prochains jours de montrer sa grogne à Bamako. Alors que le leadership du MNLA aurait donné son accord, la base du mouvement, et surtout les combattants, rejettent toute idée de cession de ces locaux nouvellement repris.


Par Ahmeyede Ag Ilkamassene