Le Mali renoue avec le génocide dans l'Azawad

Hama-Ag-Mahmoud-strasbourg


De 1991 à 1996, le Mali d'Amadou Toumani Touré (ATT) et d'Alpha Oumar Konaré s'était livré à un génocide dans l'Azawad sans susciter beaucoup de réactions de la communauté internationale.

Chaque fois que l'armée malienne assassinait des populations civiles, Radio Mali se fendait d'un communiqué rédigé dans les mêmes termes que celui du 29 Octobre 2012, à la suite du meurtre de 52 personnes résidant près de Diabaly, Cercle de Niono, Région de Ségou, et dont le seul tort était d'être Azawadiens.

Le mode opératoire est le même qu'autrefois, prouvant que les autorités maliennes sont toujours inspirées par les criminels prédateurs qui ont ruiné le pays.

Les auteurs du meurtre de ces 52 personnes n'en sont pas à leur premier forfait. Confirmant la complicité du pouvoir de Bamako avec eux, ce dernier n'a à ce jour pris aucune mesure, malgré de multiples interpellations.

Il n'y a qu'à lire et écouter la presse malienne pour comprendre que les autorités de Bamako ont donné carte blanche à certains militaires pour faire un « kokadjè », un nettoyage ethnique, dans l'Azawad. Le massacre de plus de 60 civils en quelques jours autour de Diabaly, dont font partie les 52 cités plus haut, et la vidéo de ces forfaits visible sur Internet prouvent que nous ne nous trompons pas.

Le gouvernement du Mali et son armée n'envisagent nullement une guerre contre les terroristes et les narcotrafiquants. Ils ont au contraire tissé de solides relations avec eux depuis plus de 12 ans.

Comme le prouve le communiqué du 29 octobre 2012, ils vont s'adonner à leur sport favori, le génocide de la population de l'Azawad, en trompant la Communauté Internationale sur leurs intentions véritables.

Le drame de Diabaly augure mal de la conduite des opérations militaires de la CEDEAO prévues dans la région. Aussi la Communauté Internationale se doit-elle d'être prudente, si elle ne veut pas prendre le risque d'être responsable d'un génocide, doublé d'un chaos humanitaire, dans une région où les blessures des années 60 et 90 sont encore vives.

Si l'on n'y prend pas garde, cette intervention sera pensée par le Mali, et faut-il le craindre par la CEDEAO, comme l'occasion d'exercer une vendetta sur le peuple de l'Azawad.

La Communauté Internationale, plus particulièrement la France, qui pèse d'un poids bénéfique dans la région, auront alors à répondre des débordements et exactions commises.

Aussi, avant qu'il ne soit trop tard, lançons-nous un appel pressant aux membres de la Communauté Internationale afin de mettre un terme à la dérive des autorités maliennes. Dérive dans laquelle elles risquent d'entraîner les pays de la CEDEAO et leurs alliés.


Fait le 2 novembre 2012


Hamma Ag Mahmoud

Membre du Conseil Transitoire de l'État de l'Azawad (CTEA)

Chargé des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale

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