Les Tamasheq, maitres du Sahara et personnes clés pour la sécurité dans la zone Sahélo-Saharienne

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Le conflit qui secoue le Sahara devient de plus en plus complexe et tout d'un coup intéresse les puissances. Par le passé, la région a été une zone d'activités commerciales illégales comme le trafic de drogue, des armes et même des personnes grâce à la complicité de l'état malien. En raison de sa grande superficie et de son hostilité, ce grand désert n'est pas du tout facile à contrôler surtout quand les maitres du milieu ''les Tamasheq'' sont mis à l'écart. Ces derniers ont alerté à maintes reprises les autorités maliennes sur la menace terroriste mais hélas sans réponse. Cet état de fait a créé un no man's land qui a fini par rendre l'Azawad attractif et idéal pour tous malfaiteurs qui désirent y prendre refuge en toute noblesse.

Pour appréhender le problème actuel, il faut le revoir à fond au-delà du cliché islamique et se poser la question pourquoi la problématique touarègue est-elle toujours récurrente ?
Depuis leur lamentable annexion en 1960 par la France à la nouvelle entité (Mali) crée pour la circonstance, les Tamasheq n'ont cessé de réclamer leur droit légitime, c'est-à-dire avoir et préserver leur patrimoine tout en vivant dignement sur la terre de leurs ancêtres.
Malheureusement, ces nobles réclamations ont été rejetées en bloc par le Mali. Pire encore, il leur inflige la pire des vies, ce qui ne leur laisse aucun autre choix de survivre en exil en laissant derrière eux biens et cheptels.
Les exactions arbitraires de l'armée malienne contre les populations civiles Touareg et Arabes dont la presse et les organismes internationaux font état aujourd'hui n'est qu'une infime partie de la triste réalité quotidienne que vit ce peuple depuis le 22 Septembre 1960. A présent être de souche rouge (couleur de peu majoritaire chez les Touareg et Arabes) équivaut à un suicide dans la majeure partie du Mali et des zones contrôlées par son armée.
Il serait une erreur fatale de la part de la Communauté Internationale en générale et de la France (mère du conflit) en particulier d'ignorer à nouveau les aspirations légitimes de ce peuple; un peuple qui n'aspire qu'à la démocratie, qui a su privilégié la voix du dialogue au lieu de la force et qui a su se révolter tout en respectant les valeurs humaines sans distinctions ethniques ou religieuses, aucune. Il serrait de même encore plus attristant de la part de la communauté internationale d'imaginer une quelconque réconciliation des Tamasheq avec un Mali qui les meurtri depuis des décennies à cause d'une simple différence ethnique.
Nous assistons actuellement au troisième divorce avec ce Mali, cette fois par le biais du Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) avec l'accord des populations locales à savoir, les les Arabes, les Peulhs, les Sonrais et les Tamasheq, et qu'ils ont fini par proclamer solennellement l'Indépendance de l'Etat de l'Azawad. Un Etat qui n'a reçu aucune reconnaissance auprès des Etats Nations, chose pourtant qui reste la seule solution pour la survie de ce peuple.
De nos jours, la sécurité du Sahel et ses conséquences sur la planète masquent malheureusement les droits et aspirations d'un peuple économiquement marginalisé et socialement terrorisé par sa dite nation. Sécurité, bidule impossible à rétablir sans le soutien des autochtones surtout quand il s'agit du désert.
Les azawadiens, en particulier les Tamasheq ont tout le temps affiché leur indignation à l'insécurité dans leur terroir. Ce sont eux qui ont entrepris les seuls batailles au Sahel contre les terroristes. Ce sont eux qui sont les seuls, avec l'aide de de la communauté internationale, à pouvoir les chasser grâce à leur volonté et leur connaissance du terrain.
Face à cette situation, faut-il préserver le principe sacré de l'intangibilité des frontières artificielles héritées de la colonisation ou plaider pour la liberté d'un peuple aspirant à la démocratie tout en préservant son histoire, son écriture, sa culture et sa terre?
Judicieusement parlé, la Communauté Internationale devra plaider en faveur de l'Indépendance de ce peuple car non seulement il le mérite de droit, mais aussi de toute évidence sans un Azawad Libre et Indépendant, la paix ne risquera pas d'y voir le jour. Et le monde pourra dire à Dieu la sécurité au Sahara!

 

Contribution soumise par Sidi Mossa Ag Souleymane