Assarid Ag Imbarkawane et le bœuf dont l'offrande tue à Tombouctou

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Débat France 24 du 21/02/2013: "Touareg, Peul, Arabe... Le Mali et le défi de la réconciliation"

 

 

Pourquoi ? Assarid Ag Imbarkawen n'a pas pu répondre à la question de Vanessa Burggraf, à la suite de ce reportage d'Alexandra Renard sur les exactions commises à Tombouctou contre les populations Touareg et Arabe au vu et au su de tous depuis le 28 janvier ("arrestations arbitraires, actes de torture, exécution sommaire" selon France 24).
«... Vous allez contacter le Capitaine Konaté ? Vous vous engagez à le contacter ? ».
Le parlementaire Ag Imbarkawen fut embarrassé, la politique et la réalité ont trahis l'humanisme nécessaire pour faire face successivement aux images du directeur d'école retrouvé mort, celle des marchands de sel et surtout celle d'Aly, ce vieil homme d'origine arabe de Tombouctou (présentement mort ou séquestré) de 70 ans qui offre un bœuf à l'armée malienne ; qui l'enlève juste quelques heures après avoir accepté son présent.
En 1916, Fihroune Ag Alenessate mène une résistance farouche contre les colons français qui n'arrivaient pas à l'anéantir. Pour mettre fin à sa résistance, la France trouva l'ingénieuse idée de le faire combattre par un Touareg comme lui, un Touareg qui doit beaucoup à la France et qui fera tout pour lui plaire.
Le Touareg qui sera choisi pour cette mission sera Mossa Ag Amastane, Chef des tribus du Hoggar (sud-Algérien) qui a été installé sur le trône de Tine-Hinane (reine Touareg du 4ème siècle) en remerciement aux bons et loyaux services rendus à la France lors de sa pénétration sur les terres Touareg.
Comme un héritage, cette technique sera transmise au Mali lors de sa prise en charge de l'administration des territoires de l'Azawad.
En Octobre 1994 déjà, l'armée malienne commet le massacre de la tribu maraboutique des Kel Essouk à Gao, massacre qui fit 250 morts selon l'association des réfugiés et victimes de la répression de l'Azawad (ARVRA). Face à la violence de ces massacres, Ibrahim Boubacar Keïta, premier ministre malien d'alors reconnut qu'il s'agissait d'un pogrom.
L'Union Européenne ne pouvant pas accepté que ce massacre reste impuni avait alors engagé des mesures pour sanctionner économiquement le Mali.
Malgré l'aveu de son premier ministre d'alors, le Mali a eu l'ingénieuse idée de tout démentir en bloc devant les instances internationales. La stratégie consistait désormais à dire que l'armée malienne ne commet aucun pogrom contre les populations Touareg et Arabe.
Surtout, le Mali décidât d'affirmer que le massacre de la tribu maraboutique kel Assouk n'a pas été commis par l'armée malienne, mais plutôt par les rebelles Arabo-Touareg qui combattait toujours l'armée durant cette période.
Pour faire marcher la stratégie, le Mali avait besoin d'une marionnette, d'un Touareg de service, d'un "élus-nommé" qui se fera passer pour un porte-parole de son peuple qu'il devra poignarder devant les instances internationales.
Assarid Ag Imbarkawane, fraîchement élevé au rang de député avec un niveau intellectuel très limité (Diplôme d'Etudes Fondamentales– 9 ans de scolarité - et un niveau CAP), est l'homme qu'il faut pour cette mission.
Il a eu la machiavélique idée de démentir l'existence d'exactions sur les communautés arabo-touarègues, dénoncées d'abord par le rapport de l'Amnesty international (réf : Communiqués AU 227/90 et AFR 43/02/90 du 1er juin 1990, AFR 43/03/90 du 2 juillet 1990 ; et AU 335/90, AFR 37/03/90 du 15 août 1990), puis par des témoignages audio-visuels d'humanitaires indépendants à l'image de l'écrivaine et poète Maguy Vautier sur l'assassinat de 48 fermiers dans l'affaire des crimes dits « massacres de Foïta » par l'armée malienne du 19 Mai 1992...
Poussé par le souhait de se voir pérennisé, en guise de reconnaissance, au poste "démérité" du 2ème Vice Président de l'Assemblée Nationale du Mali, après que ces crimes soient reconnus par les autorités gouvernementales, Assarid Ag Imbarkawane, qui fait cavalier avec Oumarou Ag Mohamed Ibrahim, pour « sauver » le Mali, voit son souhait exhaussé 20 ans après.
En effet, ces deux messieurs "Patriotes", tous deux chevaliers de l'ordre national, restent pour leurs services rendus les iconoclastes les plus titrés de leur communauté et moins charismatiques du fait de leur instrumentalisation flagrante.

 

De qui ? Comment ? Pourquoi ? Ces "instruments" « sauve » le Mali.


Depuis lors de la présence coloniale française, des méthodes dites de "coopérations" condamnées par le code d'honneur de toutes les cultures du monde, sont empruntées pour discréditer et/ou dissimuler des exactions et des injustices à travers des personnes issues de l'ensemble opprimé.
"Harkis" est le terme trouvé par les algériens lors de la guerre d'Algérie ; "Coopérants" est celui employé lors de l'occupation de la France par l'Allemagne ; "Cafards" était celui importé par l'opération turquoise pour fomenter le génocide Rwandais...
Mais jusqu'ici aucun adjectif n'est attribué à ces parlementaires et "élus-nommés" Touareg et Arabes élevés à des rangs "démérités" en guise de récompense pour leurs services de dissimulation de milliers de morts arabo-touarègues, des morts qu'ils devaient pourtant représenter.
Pour être de cette basse classe il faut présenter certains atouts en plus du matérialisme : Chefs de communauté à défaut d'être issu d'une famille charismatique et connue ; être chauvin quand l'Etat massacres des civiles; ou être membre d'un ancien mouvement "rebelle" afin de peser médiatiquement ; être politicien originaire des communautés arabo-touarègues et enfin et surtout ne jamais compatir à ce qui arrive à ta communauté. La fonction est la même pour tous: manipuler l'histoire de son peuple et dissimuler la vérité.
Les motivations de ces personnes restent toujours les mêmes : bénéficiers des privilèges de l'Etat (exemple : les pickups offerts par ATT à Bajane Ag Hamatou de Ménaka en guise de remerciements pour les services rendus, en plus de l'énorme promesse presque réaliser de faire de Ménaka une "Région" tout comme la promesse faite aux coopérants "arabes" de faire du désert de Taoudéni une "Région").
L'intérêt accordé par la communauté internationale à la question touarègue et aux crimes et exactions commis sur les arabo-Touareg fourni largement une lecture facile de ces dernières apparitions de Touareg "patriotes et communautaristes" sur la scène politique nationale, et à l'occasion, internationale.
Où étaient-ils lors des pogroms sur les familles à Bamako et Kati les 1ers, 2, et 3 Février 2012?
Si toutes les populations Touareg et Arabe étaient "maliennes" comme le prétende les "élus-nommés", qui les a trompé en leur indiquant la route des camps des réfugiés d'Algérie, du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Niger ? Pourquoi n'ont-elles pas fait comme les Sonrhaïs et Peulhs qui se sont réfugiés au Sud du Mali ?
Qu'es ce que ces "élus-nommés" ont fait pour accompagner et alléger les souffrances de ces populations, qu'ils instrumentalisent tant, afin de voir leurs noms sur la liste des "patriotes circonstanciels" du Mali ?

 

Bajane disait dans un journal ces phrases : « J'ai été envoyé partout. Aux Etas unis, avec Moussa Traoré. Je suis parti avec le président de l'Assemblée nationale à Kampala, pour éviter une résolution contre le Mali. J'ai été envoyé aussi en tant que leader à Bruxelles pour expliquer à Bernard Kouchner, alors ministre des affaires étrangères de France, ce qui se passe au nord du Mali... » (Source Malijet : « Crise du Nord Mali / Bajane Ag Hamatou, le petit-fils de Fihroune dit tout »Par Le Répurepublicainmali - Date: 19 Juillet 2012).


Contribution soumise par Youssouf Ag Mohamed Ali