Le complexe africain: Cette autre malheureuse nature qui l'échappe

abdelazizhassanadam-commandant-tchad

 

Depuis le début de l'intervention franco-africaine dite Serval et qui a permit de sauver le Mali de sa disparition totale, l'armée tchadienne a enregistrée le plus grand nombre de pertes humaines. Un dernier communiqué de l'Etat Major tchadien chiffre à 23 soldats tués et non 13 ultérieurement annoncés.

Cela démontre suffisamment la dangerosité des affrontements menés par ces guerriers tchadiens.
L'armée française elle parle de 2 morts dans ses rangs dont un pilote à Konna et le deuxième dans les massifs des ifoghass.
Chaque homme tombé est d'une perte inestimable et cela sans aucune distinction de son camp. Surtout lorsque celui-ci défendait une cause noble.
Il est certes salutaire de constater la manifestation de soutien de l'opinion malienne aux 2 soldats français mort au front.
Des cérémonies de remise de médailles, des nouveaux nés de Konna baptisés au prénom du pilote français tué, des photos de soutien circulant sur les réseaux sociaux...Encore c'est bien salutaire et émouvant.
Cependant le désintéressement manifesté vis à vis des pertes tchadiennes( forces noires africaines) ne démontre t-il pas la persistance du complexe africain?

Peut être bien que l'idée viendra à cette opinions malienne mais la différence d'engouement pèsera sur l'intérêt symbolique du manifeste.
Il est urgent pour nous africains en général d'accepter une auto-critique profonde liée à notre perception du monde. Nous nous devons d'apprendre à regarder pas loin de notre environnement premier.
Les guerres dans nos pays ne s'arrêteront que par nous même.
Certainement pas par nos forces ou nos pouvoirs sur nos semblables.
Certainement pas par nos hypocrisies et nos jugements passionnels.
Certainement pas par nos simples attitudes à plaire ou faire plaire mais plutôt à se forger un model désirable.

L'Afrique a enfin besoin de cette génération qui acceptera l'auto-critique comme moyen et non comme faiblesse.
Les autres continueront à nous être indispensables et non complémentaires tant que nous ne changerons par nous même.

Ceux qui pensent encore que la "paix" s'invente ou se bricole ne sauront prévoir que le pire pour les prochaines générations.
Enfin, un rempart définitif à cette autre malheureuse nature africaine qu'est le "complexe d'infériorité" sera un début inestimable.

 

Contribution soumise par Attaye Ag Mohamed