Iyadou Ag Leche de Tinariwen contre la trahison de la révolution Azawadienne

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A quoi bon vouloir cacher le soleil avec son doigt? Pendant que la quasi-totalité des populations Azawadiennes souffrent d'une guerre des pauvres, un petit groupe s'apprête à vendre ces populations au plus offrant. Iyadou Ag Leche montre au créneau pour sensibiliser les Azawadiens dans une très belle chanson forte en émotions titrée Toumast Tincha, c'est-à-dire, le peuple a été vendu.



Iyadou Ag Leche, bassiste du groupe Tinariwen, récent vainqueur du Grammy Awards aux Etats Unis, fait ce que nous attendons tous des artistes Touareg: porter encore plus la voix du peuple, la voix des sans voix. Dans une chanson profonde composée et interprétée durant la tournée du groupe aux Etats Unis, Iyadou Ag Leche dit ce que beaucoup d'entre nous s'efforce à ne pas imaginer.

Depuis quelques mois déjà, les rangs ont commencés à se diviser, et comme le dit Iyadou Ag Leche, "je crois que l'objectif qu'on avait tous début n'est plus partagé". Cet objectif dont il parle n'est rien d'autre qu'un Azawad libre, démocratique, et laïc à l'image des cultures millénaires de ses populations. En effet, cet objectif n'est plus partagé au moment où des personnes affirmant pourtant être les fondateurs du MNLA se retrouvent à mener une campagne de désinformation contre ce même MNLA. L'objectif n'est plus partagé lorsque des membres du bureau exécutif du MNLA par opportunisme, ignorance, ou faiblesse d'esprit se retrouvent à supporter l'acculturation de l'un des plus beaux peuples de la terre au profit d'Ansar Adine, une organisation islamiste uniquement par intermittence.

Iyadou Ag Leche prévient "ne jetez pas votre pays, n'abandonnez pas votre religion". Le pays dont il parle est l'Azawad, et la religion dont il se réfère c'est l'islam modéré et tolérant que les Touareg ont pratiquée depuis 8eme siècle, et que certains veulent abandonner pour adopter l'obscurantisme et l'islamisme par intermittence importée par Ansar Adine. C'est surement avec un cœur rempli de peines qu'Iyadou Ag Leche donne ce conseil, lui qui comme la majorité des Touareg de l'Azawad a perdu des êtres très chers durant la lutte pour la libération et vécu depuis des moments difficiles. Cette peine devient encore plus forte lorsqu'on constate que certains continuent de considérer le peuple Touareg et l'Azawad comme leur vache laitière.

Enfin, il rappelle que l'histoire nous a pourtant appris qu'"une paix obtenue avec force ne sert à rien; chaque tribu a en son sein des ennemis". En effet, ce sont les séquelles des paix que le Mali a obtenus par la force (avec l'aide de certains Touareg) en 1964, 1991, 1992, 1995, 2006, et 2009 qui ont conduites à la révolution populaire du 17 Janvier 2012 qui a vu pour la première fois la libération totale de l'Azawad de toute trace de colonisation Malienne. Aujourd'hui encore, une petite minorité autours du tristement célèbre Iyad Ag Ghaly espère rééditée encore "l'exploit" de faire imposer une paix non voulue (retour de l'Azawad sous colonisation Malienne) dans le seul objectif de continuer à utiliser les souffrances des Azawadiens comme un fonds de commerce.

Tout ce que nous pouvons dire c'est bravo à Iyadou Ag Leche. Nous espérons que les artistes Touareg suivront l'exemple de l'un des plus grands bassistes au monde, pour porter la voix des sans voix. La lutte continue, et continuera contre vents et marées jusqu'à l'atteinte de l'objectif final qui l'indépendance d'un Azawad laïc et démocratique.


Par Abdoussalam Ag Inawelene